L'impact positif, de l'utopie à la réalité

Elisabeth Laville (Utopies)

La société dans laquelle nous évoluons a donné la part belle au consumérisme. Les réseaux sociaux ne font qu’accélérer ce phénomène en nous bombardant quotidiennement de sollicitations de millions de marques. Les entreprises influencent nos perceptions, nos modes de vie et nos comportements. Ben Cohen, entrepreneur visionnaire et cofondateur de la marque de crèmes glacées Ben & Jerry’s affirmait déjà à la fin des années 2000 que « l’entreprise combine la créativité humaine organisée et l’argent, ce qui en fait désormais la force la plus puissante au monde ». Les entreprises jouent donc un rôle de premier plan dans la résolution des problèmes de notre temps et notamment dans la transition écologique. Elles peuvent et doivent inventer de nouveaux récits, dessiner de nouveaux imaginaires et se servir de leur plateforme pour véhiculer de nouvelles valeurs.

Comment réinventer son business model, comment opérer cette transformation pour non seulement réduire ses externalités négatives mais aussi avoir un impact sociétal positif ? Comment avoir une marque positive ? Nous allons aborder toutes ces questions avec la spécialiste de l’impact positif, Elisabeth Laville que j’ai l’honneur de recevoir aujourd’hui.

Elisabeth aide depuis 25 ans les entreprises dans cette transformation. Elle a créé Utopies, le premier Think-tank et cabinet français spécialisé dans le développement durable, les stratégies de marques engagées et les entreprises à impact positif. Reconnue comme experte l'internationale sur ces sujets, elle a reçu en 2008 le Prix Veuve Clicquot de la Femme d’Affaires de l’année et a été faite Chevalier de la Légion d’Honneur. Elle est également la fondatrice du mouvement BCorp en France.

La solidarité internationale, enjeu majeur au coeur des Objectifs de Développement Durable

Emmanuel Poilane (Directeur Général, Initiative Développement)

Les dynamiques de dérèglement climatique, économique et social sont telles aujourd’hui qu’il y a une réelle nécessité et urgence à imaginer de nouveaux modèles. Des modèles plus solidaires et plus durables sont possibles et par endroit déjà engagés. Il convient pour cela de regarder les choses sous un autre angle que l’angle simpliste sous lequel nous le présentent encore trop souvent politiques et médias. Notre monde est positivement complexe et il convient d’intégrer cette complexité dans nos raisonnements.

Il ne s’agit pas de mettre un peu de vert sur la façade mais bien de créer une véritable synergie entre les différents acteurs politiques afin d’assurer une cohérence à l’échelle planétaire. Les ODD sont outil formidable pour y parvenir. Dans cette optique, la solidarité internationale est un enjeu majeur autour duquel doivent s’articuler toutes les actions que nous devons mettre en œuvre. Nombreuses sont les ONG, et associations qui prônent cette solidarité et déploient une énergie considérable à entrainer dans leur sillon, entreprises et citoyens. Parmi ces ONG, ID Développement est un acteur très actif. Depuis 25 ans, ID participe au renforcement de l'autonomie des acteurs pour qu'ils construisent et mettent en œuvre par eux-mêmes des réponses aux défis sociaux, environnementaux et économiques de leurs territoires.

Je reçois aujourd’hui Emmanuel Poilane. Emmanuel est Directeur Général d’Initiative Développement. Engagé depuis son plus jeune âge, Emmanuel croit en cette solidarité et est le témoin de ses réussites lorsqu’elle est intelligemment mise en œuvre. Emmanuel partage avec nous des exemples très concrets de réussite et nous montre par cela qu’une autre vision est possible.

La raison d'Être au coeur de la Transformation de l'entreprise

Guillaume Schoebel (Senior Vice président de la stratégie développement durable et de l’éthique Schneider Electric)

La transformation d’une entreprise établie pour devenir plus durable avec un impact positif sur notre planète, même si on pourrait le souhaiter, ne se fait pas du jour au lendemain.

Pour transformer durablement son offre et ses produits, une entreprise doit mesurer ses externalités tout au long de sa chaîne de valeur. Elle doit prendre en compte tous les aspects environnementaux, sociaux et sociétaux. L’entreprise doit mettre en place des solutions et surtout opérer une transformation culturelle interne incluant tous les collaborateurs.

C’est en donnant du sens au travail quotidien, en contribuant positivement à la société et en portant sa raison d’être à tous les niveaux de l’entreprise que l’on a toutes les chances de réussir cette transformation nécessaire.

Et c’est ce à quoi s’emploie le groupe Schneider Electric qui est souvent classé dans les palmarès des entreprises dites les plus durables au monde. Le groupe a gagné de nombreux prix dont celui du meilleur plan de vigilance pour la qualité de sa démarche sur l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement. Ce qui assure le succès de Schneider Electric, c’est l’alignement de sa politique environnementale et sociale sur les objectifs de développement durables tels que définis par les Nations Unies. Ils assurent une vision globale et cohérente de la politique de développement durable du groupe sur le long terme.

Aujourd’hui je reçois Guillaume Schoebel, Senior Vice président de la stratégie développement durable et de l’éthique. Il nous parlera des enjeux pour Schneider Electric, de la démarche et des outils utilisés par le groupe et comment ils mobilisent toutes leurs parties prenantes autour de ses objectifs.

Protéger nos océans pour assurer notre avenir

Florent Marcoux (Directeur Général Surfrider Fondation Europe)

La mer et les océans sont les véritables poumons bleus de la planète. Ils produisent 50 à 75% de notre oxygène et capturent 30% du C02 émis. Sans eux nous ne pourrions pas respirer. Mais ce poumon est à bout de souffle. Les activités humaines en sont la cause directe. Chaque année, pas moins de 8 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans soit, par seconde, 253 kilos de plastique qui finissent en micro-particules avec de conséquences dramatiques pour la faune et la flore mais aussi pour l’homme. Les activités humaines ont également des conséquences sur la modification du littoral, sur la qualité de l’eau et par extension sur la santé des usagers. Elles sont la principale cause du dérèglement climatique.

Prendre soin de nos océans est vital et c’est ce que s’emploie à faire quotidien l’association Surfrider Foundation Europe. Surfrider est devenue, depuis les années 1990, une référence dans le combat pour la protection de l’océan et de ses usagers. Forte de la passion et de l’engagement de sa communauté sur le terrain, elle regroupe plus de 13 000 adhérents sur 11 pays via ses antennes bénévoles.

J’ai le plaisir aujourd’hui de recevoir Florent Marcoux, Directeur général de Surfrider Foundation Europe. Florent a géré des projets d'eau et assainissement dans quartiers défavorisés de Buenos Aires pour la Lyonnaise des eaux puis a rejoint le monde associatif à son retour en France. Il a longtemps œuvré au sein de l’association Aide et Action où il a notamment contribué au développement de la mission éducative en France. Avec Florent nous parlons des enjeux liés à la protection des océans et du littoral, des conséquences du changement climatique sur ce milieu naturel et de la coopération avec le secteur privé.

La performance plurielle au service de la transition écologique

Armelle Perrin-Guinot (Veolia)

La prise de conscience sur les enjeux environnementaux est réelle pour de plus en
plus d’entreprises. Les demandes des investisseurs, des employés et des consommateurs se font plus nombreuses et pressantes s’agissant des questions liées au développement durable et mettent les entreprises face à leurs responsabilités. Malgré cela, le passage à l’action reste compliqué pour bon nombre d’entre elles. Mais certaines entreprises pionnières ouvrent la voie et montrent l’exemple en intégrant les objectifs de développement durable dans leur stratégie et leur raison d’être.

Opérer la transition écologique n’est pas toujours chose aisée. Pourtant, Veolia a été
l’une des premières grandes entreprises françaises à inscrire les ODD dans sa raison d’être. L’entreprise s’efforce de traduire cela dans un quotidien opérationnel en pilotant son activité à travers l’ambition d’une performance plurielle : économique, commerciale mais aussi environnementale, sociale et sociétale.

C’est ce que nous explique Armelle Perrin-Guinot, Directrice Adjointe du Développement Durable chez Veolia en charge des engagements sociétaux. Avec Armelle nous parlons des avantages à insérer les ODD dans la stratégie de l’entreprise et de l’importance d’engager toutes les parties prenantes dans cette transformation. Nous parlons aussi d’innovation et de la façon de décliner cette performance plurielle concrètement.

Comment une ville s'empare des ODD

Yves Zimmermann (Ville et Eurométropole de Strasbourg)

Pour arriver à réaliser l’agenda 2030, l’échelon local est indispensable. Il permet d’être au plus prêt de la réalité des citoyens et d’opérer une transformation en profondeur. Ils s’agit même d’un véritable enjeu démocratique. Beaucoup de villes dans le monde comme l’Eurometropole de Strasbourg ont construit la stratégie de leur ville ainsi que leur budget autour des ODD dans l’objectif d’irriguer tous les pans de la vie locale.

Je reçois Yves Zimmermann. Yves - Directeur de projet Capital verte européenne pour l’eurometropole de Strasbourg en charge des questions de Développement Durable.

Avec Yves nous parlons de l’importance d’intégrer les ODD dans la feuille de route d’une ville et de la façon de la mettre en œuvre. Nous parlons également de l’importance de nouer des partenariats et de la motivation à projeter sa ville au delà de 2030.

Le débat : La coopération intersectorielle pour sortir de la crise

Alexandre Brailowsky (Directeur de la responsabilité sociétale d’Engie)
Florent Marcoux, (Directeur Général de Surfrider Foundation Europe)
Christophe Beurois (Cofondateur et animateur de la scop Médiation et Environnement)

Cette semaine est une semaine importante car c’est la semaine européenne du développement durable mais également l’anniversaire de l’Agenda 2030 et de ses 17 Objectifs de développement Durable, les ODD. Il fallait bien faire quelque chose de particulier pour fêter ça dignement !

Le Commissariat Général au Développement Durable organise donc du 20 au 25 septembre l’événement LaFranceEnTransition - Saison 2. Cet événement co-construit par des dizaines de structures (entreprises, associations, institutions et collectivités territoriales) engagées pour la réussite des ODD ambitionne de nous aider à atteindre collectivement les objectifs de l’Agenda 2030.

Nous avons 8 ans pour atteindre ces 17 Objectifs de développement durable et transformer positivement notre monde. Mais comment ?

La fragilité de nos modèles en crise, l’individualisme grandissant, l’hyperconnection qui nous isole, la compétitivité économique qui accentue ces fractures et notre fragilité à nous, êtres humains sont autant de facteurs qui contribuent à nous éloigner de ces objectifs. Pour en sortir l’intelligence collective et la coopération sont des alliés précieux. C’est d’ailleurs ce à quoi nous invite l’ODD 17 qui prône des partenariats efficaces entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile. Ils sont nécessaires à la bonne réalisation des ODD au niveau mondial, régional, national et local.

La coopération intersectorielle est donc un outil puissant destiné à nous aider à sortir de la crise actuelle et à construire le monde de demain. Pour en parler, je vous propose un format inédit : Je reçois non pas un mais trois invités. Les trois invités que je reçois aujourd’hui s’attachent à faire de cette coopération intersectorielle une réalité au quotidien. J’ai donc le plaisir de discuter avec :

  • Alexandre Brailowsky, Directeur de la responsabilité sociétale d’Engie

  • Florent Marcoux, Directeur Général de Surfrider Foundation Europe

  • Christophe Beurois, Cofondateur et animateur de la scop Médiation et Environnement.

"DEPLASTIQUER" NOTRE CONSOMMATION EN COMPOSTANT NOS EMBALLAGES

Jean-Pierre Rakoutz (Tipa)

Quand on achète un produit, pour peu qu’on essaye d’avoir une consommation responsable, on fait souvent attention à sa composition, son origine ou sa durée de vie mais la question de l’emballage n’est pas forcément une question prioritaire ou tout du moins évidente. Alors qu’il faut bien l’avouer le packaging est omniprésent. C’est depuis des années devenu pour les marques un des outils de différenciation dans la guerre commerciale qui fait rage autour des produits. Mais les temps changent et les consommateurs font de plus en plus attention à cette question. Le packaging fait désormais aussi partie des critères pris en compte par les consommateurs pour faire leur choix entre tel ou tel produit. Mais encore faut-il que la bonne option soit disponible en fonction des produits. Le packaging, l’emballage, qui est souvent une vitrine pour la marque, doit être maintenant 100% fonctionnel et le superflu doit être supprimé.

Car une des grandes problématiques du packaging est sa recyclabilté. Se dire que le mettre dans sa poubelle jaune est suffisant n’est qu’une illusion. Par exemple, seulement 21% des plastiques sont recyclés en France c’est vous dire l’ampleur du problème. Et en même temps, certains produits ont besoin d’emballage. Il est difficile à l’heure actuelle de s’en passer complètement.

Se mettre au vert avec l'agriculture urbaine

Hélène Sobral (Noocity)

La nature est notre meilleure alliée. Elle est intrinsèquement liée à notre existence. Dans nos quotidiens pressés et surconnectés, le besoin de se rapprocher de la nature se fait de plus en plus sentir et la crise sanitaire a sans doute accentué cette nécessité. Nombreux sont les bienfaits physiques et psychologiques que le contact avec la nature nous procure, que ce soit à la campagne ou en ville. Pratiquer l’activité de jardinage permet notamment de réduire notre anxiété, de prévenir les burn-out ou encore de nous donner accès à un espace propice à la méditation. Pour cela, il suffit de prendre soin de la nature, de prêter attention à tout ce qu’elle apporte, tout en suivant son intuition et en utilisant ses sens.

L’agriculture urbaine se développe de plus en plus au travers par exemple de jardins partagés, de fermes urbaines pédagogiques, de terrasses ou de toits écologiques. Tout ceci est source d’opportunité pour l’environnement, bien sûr, mais renforce également le lien social. C’est un merveilleux outil pédagogique de sensibilisation aux enjeux environnementaux. Cela devient d’ailleurs très stratégique car d’ici à 2050, on estime que la population mondiale avoisinera les 10 milliards d’habitants, dont près de 70 % vivra en ville.

De la naissance des Objectifs de développement Durable à l'éveil des consciences

Pierre Mazeau (Rennes School of Business)

Pierre Mazeau est un des pionniers en France de ce qu’on appelle la RSE, la Responsabilité sociétale des entreprises. Il a eu une brillante carrière chez EDF où il a occupé des fonctions de DRH avant d’évoluer vers les fonctions de la RSE, lorsque ces questions commençaient seulement à émerger au sein des grands groupes français.

Il a été un acteur essentiel de l’évolution de la RSE en France, et à l’international, puisqu’il a notamment dirigé le groupe de travail qui a déterminé avec 400 experts les sept questions centrales de la norme ISO 26000, qui est aujourd’hui encore le référentiel en matière de RSE.

Pierre nous parlera de l’origine et la naissance des ODD, de l’articulation possible des ODD avec les référentiels existants ainsi que du bénéfice des nouvelles législations (loi PACTE, Devoir de vigilance) dans la réalisation des ODD.

L'importance de replacer le dialogue social au coeur des organisations

Frédérique Lellouche (CDFT)

Frédérique Lellouche est Responsable de la RSE et de la gouvernance d’entreprise à la CFDT et Présidente de la plateforme nationale pour la RSE.

Pour relever le défi auquel nous sommes tous confrontés, nous devons faire le pari de l’intelligence et de la confiance pour ouvrir le dialogue et développer la coopération comme nous y invite l’Objectif de Développement Durable n°17.

Avec Frédérique, nous parlons de dialogue social, du rôle des acteurs syndicaux dans la définition des ODD, du rôle de la RSE, de la nécessité de la co-construction et de l’équilibre des pouvoirs au sein l’entreprise.

L'économie circuliare, ou comment faire plus et mieux avec moins

Nathalie Boyer (Orée)

L’augmentation de la consommation et l’épuisement des ressources naturelles entraînant des conséquences économiques importantes sont aujourd’hui constatés de façon unanime. Face à ce bilan, la transition vers une économie circulaire semble être une composante importante de la solution.

Cette transition vise à dépasser le modèle économique linéaire consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter en appelant à une consommation sobre et responsable des ressources naturelles et des matières premières primaires ainsi qu’à la prévention de la production de déchets, notamment par le réemploi des produits, une réutilisation, un recyclage ou, à défaut, à une valorisation des déchets.

Parmi les 17 ODD, l’ODD 12 est consacré à la consommation et la production durables. Il vise à « faire plus et mieux avec moins ». L’atteinte de cet objectif nécessite de repenser nos modes de consommation et de production actuels, ce qui exige l’implication de nombreuses parties prenantes, en particulier les entreprises, les consommateurs et les décideurs. L’ODD 12 a pour objectif d’interpeler les usagers sur leur rapport aux objets utilisés, aux déchets générés et à leurs impacts sur la planète.

Comme vous l’avez compris, aujourd’hui nous parlons d’économie circulaire. Et pour cela, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Nathalie Boyer, qui est la spécialiste du sujet. Nathalie est depuis 2010 la Déléguée générale d’ORÉE, association multi- acteurs créée en 1992.

La construction collective, ou la clé de la transformation de l'entreprise

Alexandre Brailowsky (ENGIE)

Remettre le dialogue, la coopération, l’humain au centre de la société. Ne pas avoir peur de l’autre et au contraire avoir la curiosité d’aller vers lui, s’intéresser à sa culture, connaître sa réalité et l’écouter. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, utiliser la confiance comme vecteur du changement. Pour relever les défis sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face, nous aurons besoin de mobiliser toutes ces qualités et de les développer. Surtout en entreprise car l’entreprise est et sera un agent du changement pour répondre à la situation et un agent important. Nous sommes face à notre plus grand défi et il s’agit d’un défi humain. Nous devrons changer nos attitudes et habitudes pour changer de paradigme. C’est une responsabilité collective qui passera par plus de collaboration et de coopération.

Ce sont certains des enseignements qu’Alexandre Brailowsky a tiré de ces milles et une vies. Alexandre est une personnalité hors norme avec un parcours qui détonne dans le milieu des grandes entreprises. Il ne vient pas du sérail de la RSE mais du terrain des camps de réfugiés et des bidonvilles. Alexandre est Docteur en Médecine spécialisé en santé publique et médecine des catastrophes. Il est désormais le Directeur de la Responsabilité Sociétale d’Engie depuis 2014.

L’agenda 2030, ou le défi collectif pour retrouver et préserver le bien commun

Thomas Lesueur (Ministère de la Transition écologique et solidaire)

L’Agenda 2030 est universel, c’est-à-dire qu’il s’applique à tous les pays, au Nord comme au Sud. À cet égard, tous les pays sont « en voie de développement durable ». Avec ses 17 Objectifs de développement durable, l’agenda 2030 dessine une feuille de route détaillée et couvrant pour ainsi dire toutes les questions de société.

Les Objectifs de Développement Durable sont une responsabilité partagée par l’ensemble des acteurs et des citoyens des pays signataires. Pour relever le défi de leur mise en œuvre en France, il est nécessaire d’identifier les domaines clés dans lesquels la société française doit collectivement progresser. La mobilisation de tous les acteurs est donc une condition incontournable à leur réalisation, chacun ayant sa place et un rôle à jouer. En offrant un langage et un cadre de référence commun, tous ces acteurs ont enfin une grille de lecture universelle pour rendre leurs actions plus durables.

Pour nous parler de cet Agenda 2030 et de la situation de la France dans ce domaine, j’ai eu la chance de pouvoir échanger avec Thomas Lesueur. Thomas Lesueur est le Commissaire Général au développement durable au sien du Ministère de la Transition Écologique.

La diversité et la lutte contre les stéréotypes, ou la première étape vers une transformation durable

Inès Dauvergne (Meandyoutoo)

Au cœur de l’Agenda 2030 développés par les Nations Unies, 17 objectifs de développement durable ont été fixés. Ils couvrent l’intégralité des enjeux de développement dans tous les pays tels que le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau, la pauvreté, la prospérité économique mais également la réduction des inégalités, l’égalité entre les genres et les sexes. Ils sont tous interconnectés et les aspects sociétaux y sont tout aussi importants que les aspects environnementaux.

Pour aborder les questions de diversité et de lutte contre les discriminations qui sont au cœur des ODD, j’ai la chance aujourd’hui de recevoir Inès Dauvergne. Inès est depuis 15 ans une spécialiste de ces sujets. A ce titre, elle a été pendant 11 ans la responsable Diversité du réseau des entreprises pour la cité, elle est également intervenue en tant qu’experte auprès de différentes institutions dont des ministères, le Medef ou la cnil. Elle a été chroniqueuses Diversité sur BFM Business dans l’émission « A but non lucratif » et a été membre du groupe de travail interministériel sur la prévention des discriminations entre 2015 et 2017.

L'Économie Sociale et Solidaire pour lutter contre le gaspillage alimentaire

Jean Moreau (Phenix)

Chaque année, 1,3 milliards de tonnes de nourriture sont jetées dans le monde. Le gaspillage alimentaire est une absurdité non seulement écologique puisque la production de nourriture est aujourd’hui le principal émetteur de gaz à effet de serre dans l’atmosphère sans parler des tonnes de ressources gaspillés mais c’est aussi une absurdité sociale car la nourriture jetée en France pourrait nourrir 10 millions de personnes.C’est plus que le nombre de personnes dans le besoin. Et tout ça a évidemment des conséquences économiques : le gaspillage alimentaire coûte, chaque année, plus cher que le trou de la Sécurité sociale.

C’est en regardant tous ces chiffres que Jean Moreau a décidé de créer Phénix avec Baptiste Corval en proposant aux industriels de commercialiser leurs invendus à moindre coût via une application ou d’en faire don à des associations. Phénix est désormais la startup leader de l’anti-gaspillage alimentaire en Europe et un acteur majeur de l’économie sociale et solidaire.Phénix a déjà réussi à engager 1 million de citoyens sur son application mobile et sauve chaque jour 120 000 repas. Phenix est présents dans 25 villes françaises et 4 pays en Europe.

Lutter contre la pollution plastique pour ne pas laisser une dette environnementale à nos enfants

Muriel Papin (No Plastic in My See)

Le plastique a envahi les moindres recoins de nos vies, il est partout ! La production plastique a été multipliée par 20 en 50 ans selon le World Economic Forum. Au cours de cette dernière décennie, le monde a produit plus de plastiques que durant les 100 dernières années. Nous produisons mondialement, en moyenne 400 millions de tonnes de plastiques par an.

Le succès du plastique n’est pas sans raison, il est pratique, léger et pas cher et a permis des avancées énormes dans bien des domaines notamment dans le domaine médical. Le problème, c’est que la moitié du plastique utilisé est à usage unique. La pollution plastique a atteint des proportions alarmantes, avec chaque année, au moins 8 millions de tonnes de plastique qui finissent dans les océans soit 253 kilos de plastique par seconde, qui finissent en micro-particules avec des conséquences dramatiques sur la faune et la flore mais aussi sur l’Homme.

C’est en réalisant toutes ces conséquences que Muriel Papin, passionnée par le développement durable et l’économie circulaire, a décidé de s’engager en créant avec d’autres amoureux de la mer, des parents soucieux de ne pas laisser une dette environnementale à leurs enfants, l’association No Plastic In My Sea. L’association a pour objet de lutter contre la pollution plastique et ses conséquences sur l’écosystème marin.

Muriel nous expliquera les origines et les conséquences de la pollution plastique dont certaines que nous ne soupçonnons pas mais elle nous donnera surtout des solutions pour lutter contre ce fléau.

Le Développement Durable, ou la co-construction de la transformation

Sarah Schönfeld (Comité 21)

Le Comité 21 est le réseau français privilégié des décideurs économiques, territoriaux, associatifs, scientifiques et universitaires, réunis autour d'une conviction : le développement durable est seul à pouvoir résoudre les défis du 21e siècle.

L'association a pour mission de créer les conditions d’échange et de partenariat entre ses adhérents issus de tous secteurs afin qu’ils s’approprient et mettent en œuvre, ensemble, le développement durable à l’échelle d’un territoire.

J’ai la chance de recevoir Sarah Schönfeld, Présidente du Comité 21. Diplômée de Sciences Po et passionnée par le monde, elle a débuté sa carrière par les relations internationales. Elle a notamment occupé les fonctions de responsable pays Inde et Chine et responsable programme Développement urbain durable, Climat, Eau et assainissement à Cités Unies France.

L'entreprise contributive, ou l'indispensable changement de paradigme

Fabrice Bonnifet (Groupe Bouygues)

Le modèle même de l’entreprise tel que nous le connaissons est remis en question. Pour survivre toute entreprise va devoir au plus vite prendre en compte les défis économiques, sociaux et environnementaux et devra définir sa place dans la société en se dotant d’une raison d’être.

Elle devra contribuer concrètement aux biens communs, au sens des Objectifs de Développement Durable, et au bien-être de l’individu en impliquant à la fois ses parties prenantes internes et externes. Ce modèle n’est pas une utopie mais une nécessité comme le dit Fabrice Bonnifet avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger.

Fabrice est directeur RSE et QSE du Groupe Bouygues, président du C3D, le Collège des Directeurs du Développemnt Durable et administrateur du Shift Project. Fabrice nous parlera entre autres de sa vision des ODD, des conséquences des modèles économiques actuelles mais aussi de la nécessité de changer de paradigme et de réinventer un modèle de prospérité et de bien-être et bien sûr du modèle de l’entreprise contributive.

Le Durable, ou le nouveau modèle économique responsable

Kareen Maya Levy (Kippit)

L’obsolescence des produits électroménagers n’est pas une fin en soi et Kareen Maya Levy, la co-fondatrice de Kippit, le prouve en créant un électroménager agréé par l’avenir. Il est durable, réparable, évolutif et fabriqué près de chez nous !

Il était important pour moi de partager la vision de Kareen qui a voulu mettre les ODD au cœur de sa stratégie et ce, dès le début de la création de son projet. Kippit participe à 4 ODD et se donne comme ambition d’en ajouter d’autres dans le futur à mesure que la société évoluera.

Kareen partagera également avec nous sa vision de la production industrielle, des modes de consommation actuels ainsi que sa vision de l’entreprenariat et d’une société à impact.

La Finance, ou l'accélérateur de la transition juste pour un avenir durable

Anne-Claire Roux (Finance For Tomorrow)

On le sait pour relever les défis écologiques, sociaux et économiques de notre époque cela a un coût et il faut donc beaucoup de financement. Verdir la finance est un enjeu capital pour favoriser une transition écologique socialement juste, lutter contre le réchauffement climatique, préserver la biodiversité.

Pour parler de ce sujet fondamental, j’ai rencontré Anne-Claire Roux, Directrice Générale de Finance for Tomorrow qui a pour but de promouvoir la finance durable en France comme à l’étranger. Pour cela Finance for Tomorrow travaille en particulier sur la réorientation massive des flux financiers vers une économie bas carbone et inclusive. L’initiative mise sur un avenir durable en lien avec l’Accord de Paris sur le climat et les Objectifs de Développement Durable.

Anne-Claire nous expliquera comment peut s’opérer cette transition, comment concilier performance financière et engagements durables et partagera sa vision du futur de la Finance.

Les ODD, ou le plan d'action au service d'un monde durable

Fella Imalhayene (Global Compact)

En septembre 2015, les 193 États membres de l’ONU ont adopté le programme de développement durable à l’horizon 2030, intitulé Agenda 2030. C’est un agenda pour les populations, pour la planète, pour la prospérité, pour la paix et par les partenariats. Il porte une vision de transformation de notre monde en éradiquant la pauvreté et en assurant sa transition vers un développement durable.

Se mobiliser autour de cet agenda mondial est donc primordial. Il est porté par divers acteurs comme les États, des Comités, des associations, des entreprises et surtout par le Global Compact qui est une initiative des Nations Unies visant à inciter les entreprises du monde entier à adopter une attitudesocialement responsable en s'engageant à intégrer et à promouvoir plusieurs principes relatifs aux Droits de l'Homme, aux normes internationales du travail, à l'environnement et à la lutte contre la corruption.

Ma première invitée est la Déléguée Générale du Global Compact France, Fella Imalhayene, qui nous parle des Objectifs de Développement Durable et de leurs implications. Fella est une spécialiste des questions de Diversité en France et en Europe et elle a été nommée en septembre 2017, Déléguée Générale du Global Compact France.

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